Il a fallu plus de quarante ans pour mettre fin à une pratique que tout le monde savait déjà inacceptable. En Corée du Sud, l’élevage d’ours …
Il a fallu plus de quarante ans pour mettre fin à une pratique que tout le monde savait déjà inacceptable.
En Corée du Sud, l’élevage d’ours pour leur bile était autrefois légal, réglementé et discrètement toléré. Pendant des décennies, des ours noirs d’Asie étaient maintenus en captivité afin que leur bile puisse être récoltée pour la médecine traditionnelle.
Cette pratique a commencé au début des années 1980, à une époque où les alternatives étaient limitées et où la réglementation se préoccupait davantage de l’approvisionnement que du bien-être des animaux.
Avec le temps, la sensibilisation du public a changé. Les enquêtes menées par des associations de protection animale ont mis en lumière les conditions de captivité prolongée, les cages en acier et le maintien des animaux en vie pendant des années pour des extractions répétées.
Dans le même temps, la médecine a évolué : des versions synthétiques du principal composant de la bile étaient déjà largement utilisées dans les hôpitaux, rendant toute justification médicale de l’industrie obsolète.
Depuis janvier 2026, la Corée du Sud a mis fin à l’élevage d’ours pour leur bile, à l’extraction elle-même et à l’abattage des animaux à cette fin. Toutes les fermes encore en activité ont été fermées, et le gouvernement a mis en place des fonds pour indemniser les éleveurs et transférer les ours survivants vers des sanctuaires.
Il ne s’agissait pas d’un revirement moral soudain, mais d’une reconnaissance tardive qu’un système avait dépassé sa raison d’être. Cette décision n’efface pas le passé, mais elle en empêche la répétition.
Dans une région où des pratiques similaires persistent, le choix de la Corée du Sud a un véritable poids symbolique. Il démontre que les traditions peuvent évoluer sans que la culture ne s’effondre, et que le progrès arrive parfois discrètement… mais de manière définitive.